dimanche 25 mars 2018

Petit chien

Ma fillette, Awa, se trouve par moments confrontée à des difficultés d'ordre social. En classe, elle n'a que cinq copines qui ont tendance à se chamailler, à s'allier les unes contre les autres, à se rabibocher avant de se disputer à nouveau. En tant que fidèle lectrice d'Elena Ferrante, je reconnais les rapports complexes entre fillettes décrits dans la quadrilogie, bien que les drames vécus par ma fille ne se jouent évidemment pas sur fond de bas quartiers napolitains, ni de camorra. A cause de ses difficultés et d'une certaine solitude qui en résulte, contrairement à Bean qui n'a que l'embarras du choix de camarades et d'amis, également à cause de ma crainte de la voir s'isoler comme son grand frère, j'ai fait voir Awa par un psy qui a su lui redonner un peu confiance sans toutefois réussir à résoudre ses défis relationnels.

Or, Awa rêve d'un chien. Je ne suis pas complètement opposée à son idée, car je pense qu'un compagnon à quatre pattes lui ferait du bien, contribuerait à l'équilibrer... Mais Awa ne rêve pas juste d'un chien, non, elle rêve et parle sans cesse d'un petit modèle d'origine japonaise: d'un shiba inu. Elle le rappelle chaque fois qu'une occasion se présente. Pour arriver à ses fins, elle essaie d'avoir un comportement exemplaire, d'obtenir de bonnes notes à l'école, de se montrer docile et sage. Elle ne recule devant aucun sacrifice pour que nous cédions à son rêve, ce qui peut être pratique, vu son caractère bien trempé.

J'ignorais tout des shiba inu. Je me suis documentée à leur sujet sur internet et ai appris des informations passionnantes au sujet de ces petits chiens (soit "shiba" - petit - "inu" - chien en japonais), par exemple qu'ils sont très intelligents, propres et vifs. Après avoir presque disparu, ils sont à présent des chiens très convoités, à la mode. Awa, ou plutôt le shiba inu a réussi à nous séduire à notre tour, Mr Bean qui du coup soutient de plus en plus sa sœur, ainsi que moi-même. Or, il reste des obstacles quasi insurmontables avant l'acquisition d'un tel petit chien: son prix, notre disponibilité et surtout le père des jumeaux qui ne veut pas entendre parler d'un chien, pour rien au monde... Or, il ne connaît pas encore les shiba inu...

dimanche 21 janvier 2018

Volcan

Ma première et rare contribution sur mon blog cette année sera en anglais. En effet, j'ai rejoint un club fermé, celui des anciens volontaires des kibboutz israéliens. Pour une grande partie de cette communauté internationale, l'expérience du kibboutz a été une des meilleures jamais effectuées. Nous n'avions rien, sinon les six heures de travail quotidien, la nourriture du chadar haochel (cantine du kibboutz), les fêtes dans les abris et l'insouciance notre jeunesse: une auberge espagnole longtemps avant le film de Klapisch... A présent, ce club hétéroclite cherche à publier un livre de témoignages sur les 70 ans de volontariat et a demandé aux membres de formuler un texte en anglais n'excédant pas 300 mots. C'est court! Je me suis attelée à la tâche et voici ce que cela a donné. Or, j'ignore si mon texte sera retenu et publié...

« What the hell am I doing here? » This question occurred a few times during my four hours flight to Israel on this 3d of October 1979. I was scared of flying; I was even more scared of how to get to kibbutz Gaash. I was rereading Zwi’s letter that explained everything; I knew it by heart, but it didn’t calm my anxiety.
The doors of the plane opened and an amazing smell of hot bitumen and orange flowers overwhelmed me. I went down the staircase, discovering the dusty surroundings, when suddenly someone called my name. Surprised, I didn’t respond immediately. The caller was an elderly Cyclops (Zwi lost an eye during one war). As the director of Carmel AGREXCO, he could come and go on the tarmac. Zwi also was founder of Gaash; he took me through the security check straight to his old Renault12. I began my volunteer’s journey as a VIP! My worries vanished; though I never imagined all what would happen next. On the road, Zwi explained the meaning of Gaash - volcano - as the kibbutz was founded by young, seething South-Americans.
I was a skinny, blonde, 19years old, German goy who grew up in Switzerland. Far away from home and family, I started working in the kibbutz kitchen. A smiling dark haired woman gave me instructions about how to clean and peel vegetables. The work was tough, the crates heavy, I felt dizzy. The dark haired women noticed my weakness and invited me to her “cheder” after work, to eat some cake and get stronger, as she said. It was a lovely afternoon in Rachel’s welcoming, messy bungalow. Until I discovered the number on her left forearm: A-6223. I was stunned. Here was a Shoah survivor feeding a descendant of Nazi Germany… A few years later, this amazing woman would become my beloved mother in law…
L'expérience du kibboutz a constitué pour moi le début de tout ce que je vis à présent, même nos jumeaux adorés en sont la conséquence indirecte...

dimanche 12 novembre 2017

Moi également

Les phénomènes de mode me rendent sceptique et me poussent à les interroger. Il y a quelques semaines, les "me too" ont fleuri sur les réseaux sociaux pour dénoncer le harcèlement sexuel. Cette soudaine vague m'a mise mal à l'aise et j'ai essayé de comprendre pourquoi. Alors que je refuse volontairement de porter des jugements, j'ai soudain eu la désagréable sensation que mes consœurs  affichaient leurs mésaventures un peu comme un trophée, comme pour vanter leur "sex appeal"... Or, il s'agit bien sûr souvent d'événements bien plus graves que de l'harcèlement de rue de ma jeunesse qui consistait principalement en sifflements et interpellations du genre "ciao, bella!".

Notre fille Awa approche à grands pas de l'adolescence. Tôt ou tard, elle sera à son tour concernée par les avances d'ordre sexuel. J'ai malheureusement l'impression que la jeunesse d'aujourd'hui sera davantage touchée par ce phénomène qu'à mon époque où le consensus social et la honte prévalaient encore. Je lui ai déjà donné mon feu vert pour se défendre en cas d'avances ou d'attouchements. Je lui ai expliqué qu'elle ne devait jamais s'en vouloir à elle, que la faute est toujours celle du harceleur, pas celle de la cible. Je l'ai encouragée à parler de toute mésaventure, à avoir confiance en ses parents et la justice. Mon intention est de prévenir plutôt que de guérir, car la guérison est lente voire impossible...

Dans ma jeunesse, j'ai eu droit à ma dose de propositions plus ou moins explicites. Certaines ont laissé des traces indélébiles. Ainsi, je craignais dès l'âge de huit ans de passer à côté de chantiers où je récoltais régulièrement des sifflements et interpellations de tous genres qui me mettaient très mal à l'aise. Avec les années, je me suis construite une carapace, par contre, je n'étais pas préparée à l'assaut d'un oncle par alliance lorsque j'avais quinze ans.

Je passais des vacances chez ma tante aimée en Allemagne lorsqu'elle est sortie un soir, me laissant seule avec son mari. Alors que je préparais un simple repas dans la cuisine, l'oncle m'a rejointe et sans crier gare m'a prise par derrière en me susurrant des mots doux et en m'embrassant. Comme si toutes les alarmes du monde s'étaient activées, je me suis débattue comme une sauvage et ai réussi à m'extraire de son embrassade. Je me suis réfugiée dans la chambre d'amis où j'ai pu m'enfermer à double clef avec la peur au ventre. Il n'a pas insisté, heureusement. Ce bref incident a constitué la fin de mon innocence et de mon enfance. J'étais écœurée par moi-même, par la force du désir que j'avais inconsciemment provoqué sans le vouloir. Désormais, je me vivais comme une garce, une mauvaise fille. Ce sentiment a été empiré par les railleries de l'intéressé dès le lendemain...

Plus tard, d'autres mésaventures me sont arrivées, mais j'étais déjà devenue la méchante qui savait se défendre. Plus de dix ans plus tard, j'ai raconté mon histoire à ma mère. A mon grand étonnement, elle m'a appris qu'elle avait également été mise en difficulté par le même homme alors qu'elle vivait chez sœur pendant son apprentissage de droguiste... Pourquoi donc m'avait-elle laissée partir chez ce prédateur? Pensait-elle que son attitude déplacée ne se reproduirait plus? Était-elle si naïve? Même si j'ai échappé au pire, l'abus de confiance de l'oncle a laissé des cicatrices: une vraie méfiance et un dégoût certain de l'autre sexe...

Mais pour revenir à mon scepticisme, il y a un aspect positif au fait que les femmes s'autorisent de parler comme elles l'ont fait: elles risquent d'entraîner la chute de certains prédateurs sexuels, d'hommes forts et puissants qui se croient au-dessus des lois, en particulier la chute d'un redoutable prédicateur musulman...

L'idée qu'une femme doit coucher pour réussir est encore ancrée dans l'esprit des misogynes rétrogrades. Il faut que cela cesse, qu'enfin les femmes soient appréciées à leur juste valeur, pour leurs réels talents et compétences. Le phénomène "me too" contribue donc à faire avancer la cause des femmes... Aussi, je souhaite à Awa de vivre dans un monde plus équitable, plus sûr. Peut-être que ce sera possible grâce à de tels élans sur internet qui révèlent ce qui dérange, ce qui voulait rester enfoui...

jeudi 7 septembre 2017

Rentrée

Chaque année, c'est pareil, j'appréhende la période de la rentrée.

Souvent, par le passé, mon appréhension a été justifiée. Gamine, j'étais toujours nerveuse à l'idée de retrouver mes camarades anciens et nouveaux après la longue pause estivale, j'étais inquiète par rapport aux nouveaux enseignants, horaires et cours...

Ma pire rentrée avait d'ailleurs été la toute première: je tenais la main de mon voisin et ami, Hans. Quand il a été appelé, je suis partie avec lui, dans sa classe, me cramponnant à sa main. Ce n'est qu'après le nouvel appel de la maîtresse que j'ai pris conscience de l'ampleur de la méprise. Je devais quitter mon cher Hans pour me rendre dans la classe parallèle où au moins trente paires d'yeux curieux et moqueurs m'ont dévisagée. J'avais envie de disparaître pour toujours...

Depuis ce jour honteux, le début de l'année scolaire a régulièrement été synonyme de catastrophes proches ou lointaines. Je me rappelle ce matin de 1997, quelques jours après la reprise de l'école, lorsque le radio-réveil a annoncé la mort de lady Di avant même que j'ouvre les yeux. Exactement, une année plus tard, c'est la nouvelle du crash de l'avion Swissair qui m'a giflée alors que je somnolais encore. En 2001, les attentats de New York m'ont arrachée des livres d'histoire de l'art dans lesquelles j'étais plongée. Je me rappelle avoir dit aux étudiants présents dans la bibliothèque de rentrer chez eux car nous étions au seuil de la troisième guerre mondiale... Démesurée, excessive?

A peine cinq ans plus tard, la police a sonné chez nous pour nous annoncer la mort de notre fils chéri...

Bref, mon appréhension en cette période de l'année a été confirmée par des événements tragiques qui se sont définitivement gravés sur le disque de dur de mon cerveau vieillissant.

En ce qui concerne 2017, alors que la rentrée scolaire s'est relativement bien passée pour les boubies qui ont une nouvelle enseignante réputée exigeante (ce qui me réjouis, eux pas) et semblait harmonieuse pour moi à cause des élèves confiés et de l'horaire idéal concocté, je me suis retrouvée dès le premier jour à l'enterrement d'un ami. Depuis, les mauvaises nouvelles continuent à affluer: la cousine malentendante des jumeaux vit un chagrin d'amour dévastateur et grave, le fils de mon amie d'enfance se retrouve en clinique psychiatrique avec un diagnostique inquiétant et Naïm qui vient d'achever une publication et a été invité à donner une conférence au Japon doit s'y rendre demain... Cette nouvelle devrait me réjouir! Il a la chance de découvrir le pays du soleil levant, le pays qui a tant inspiré Yoav, ceinture noire de karaté, le pays qui se trouve tout en haut de ma bucket list... Or, j'ai peur, vraiment peur! Le fait que Pyongyang a lancé un missile par dessus les péninsules nippones, le fait que son dictateur mégalomane provoque l'autre mégalomane et le reste du monde, le fait que dans mon imaginaire la période de rentrée est synonyme de catastrophes, tous ces faits font que je panique complètement...

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A présent, il est trop tard pour une séance de yoga, mais je pense - après avoir déversé mon état d'esprit ici - que je vais aller méditer...

lundi 7 août 2017

Bleu marine

Les boubies ont de la chance. Ils ont le privilège de pouvoir vivre de belles vacances et de découvrir des contrées lointaines. Rien que cette année, ils ont passé Nouvel An dans la patrie de leur père, skié en France en février, visité Paris en avril (eh, oui, pour nous, c'est la capitale d'un pays étranger), fait de la voile en Grèce. De plus, l'année n'est pas terminée...
Nous avons passé trois semaines dans les Dodécanèses, la moitié de notre temps sur une île dans une jolie maison à côté de la plage, l'autre sur le voilier d'un ami skipper à caboter d'une île à l'autre. Le père des jumeaux appréhendait ces vacances, car il pensait souffrir de mal de mer. Or, après un haut le cœur généralisé le premier jour, nous avons tous dépassé ce malaise passager et appris à apprécier la mer et encore plus les petites criques des îles, les unes plus belles que les autres... Mr Bean nous a épatés: toujours prêt à donner un coup de main et à aider. D'ailleurs il continue à présent de prendre un cours de voile. Quant à Awa... je découvre qu'il n'est pas facile d'élever une fille et encore moins une pré-ado qui n'a envie de rien en dehors des écrans de tous formats...
A propos, nesi signifie île en grec, mais les Dodécanèses ne sont pas au nombre de douze. Elles sont bien plus nombreuses, ce sont des archipels composés parfois de simples rochers... Mais, elles sont magnifiques...

mercredi 10 mai 2017

Mère indigne

Depuis que je tiens des blogs, je n'ai jamais autant hésité de continuer à publier sur cette page. En effet, j'ai conscience que le récit sporadique de ma vie de mère endeuillée à jamais et de mère bien vivante et aimante de jumeaux n'intéresse pas grand monde. De plus, mes publications se font de plus en plus rares. Alors pourquoi monologuer ainsi, à quoi bon raconter des bribes de mon existence qui ne regardent au fond personne...
Lorsque j'ai commencé le blog de Tal, le fait de m'exprimer quasiment en public était une urgence, une thérapie, une question de vie ou de mort. J'avais besoin de crier sur les toits, à la face du monde l'épouvantable injustice que nous vivions. Comme si le fait de partager soulageait l'effroyable souffrance dans laquelle nous étions immergés.
Plus de dix ans après sa disparation, je ne ressens évidemment plus ce besoin et me demande régulièrement si le moment n'est pas venu de m'arrêter. Or, je me surprends moi-même de lire parfois mes billets passés et de prendre conscience à quelle vitesse les jumeaux grandissent. En fait, tout comme un journal, le blog laisse une trace de cette vie de famille animée et particulière qui est la nôtre.
Alors, oui, pourquoi ne pas publier quelques lignes de temps en temps, telles des nouvelles qu'on donnerait à un ami qui vit à l'étranger et auquel on adresse périodiquement une lettre comme à l'époque où internet n'existait pas encore.
Depuis l'année 2016, j'ai vécu de belles expériences enrichissantes dont mes enfants aimés étaient d'ailleurs partiellement exclus. En effet, j'ai fait une formation rapide et intensive d'enseignante de hatha yoga, dont j'ai déjà parlé plus loin. A présent, à côté de mon travail habituel, j'enseigne une heure hebdomadaire de yoga et fais de temps à autre des remplacements dans quelques centres...
Puis en été, j'ai accompagné un groupe de trente élèves âgés de 16 ans en Australie, dans le Queensland. Comme le groupe était plus grand que prévu, j'ai dû trouver une collègue pour m'accompagner dans ce périple et ai eu beaucoup de chance de tomber sur Marie... A deux, nous en avons profité pour visiter le Nord de l'Australie, la grande barrière de corail, les parc nationaux des Northern Territories, Brisbane et Sidney. C'était sans exagérer un des plus beaux voyages de ma vie. J'ai retrouvé mes plus grands plaisirs de jeunesse: les découvertes de nouvelles contrées, les rencontres fortuites, l'exploration, les trekkings, mais également une forme de liberté perdue depuis si longtemps déjà...

Les jumeaux ne m'ont presque pas manqué. Comme mère indigne qui se respecte, j'ai eu du plaisir à les retrouver après trois semaines, mais sans regretter un instant cette escapade qui me fait encore rêver aujourd'hui et dont je propose quelques photos en vrac, quitte à faire penser à un dépliant touristique...
Oui, j'ai eu la chance de nager avec une tortue!
 
Quant aux boubies, ils sont partis pendant ce temps là avec leur père dans son pays d'origine et n'ont vraiment pas trop souffert de ma démission temporaire. L'été prochain, toutefois, nous partirons en famille, à quatre, sans Naïm qui envisage enfin de prendre son envol du nid familial. Je disais bien que j'étais une mère indigne...

mardi 11 avril 2017

Communication non violente

Ceci sera mon premier article publié en 2017.

Je me demande si cela vaut encore la peine de continuer le blog.

Tant pis, je me lance.

En 2010, c'est-à-dire il y a fort longtemps, sur mon autre blog homonyme, j'avais écrit ces remarques sur la communication non violente, technique développée par Marshall Rosenberg qu'on propose aux enseignants de ma région:

"Je suis convaincue que les enfants ont besoin de limites claires. J'aime l'image de la table! Si on laisse l'enfant avancer librement sur le plateau d'une table, on obtiendra deux résultats: soit il avancera et finira par tomber et se fera très mal, soit il craindra d'avancer et restera au milieu du plateau sans oser bouger. Les limites sont donc la barrière qu'on installerait sur le pourtour de la table pour éviter ces deux réactions extrêmes et permettre à l'enfant d'évoluer sans crainte. Toutefois, il n'est ni facile d'enseigner ces limites, ni aisé de les faire respecter.
J'ai donc ressorti quelques livres, dont un qui est inspiré par la CNV (communication non violente) de Marshall Rosenberg par Inbal Kashtan Être parents avec son cœur. L'auteure y propose des exercices pour s'entraîner à ces échanges particuliers, comme un dialogue qui commencerait:
Réponse habituelle: ...
Réponse CNV: "Quand je vois/ j'entends..." "Je me sens..." "Parce que j'ai besoin de..." "Serais-tu d'accord pour..."
Un peu sceptique, j'ai essayé avec Mr Bean hier matin.
Mon fils voulait ouvrir l'armoire à habits pour y fouiner, alors que je voulais descendre prendre mon petit déjeuner avant de partir travailler. Je voulais refermer l'armoire, mais Bean s'y est opposé avec colère. C'était le moment de mettre en pratique ce que je venais de lire.
"Je vois que tu veux ouvrir l'armoire pour regarder ce qu'il y a dedans". Bean a affirmé avec la tête.
"Je comprends, mais je suis affamée et j'ai besoin que tu laisses cette armoire pour que je puisse manger." Ça n'a absolument rien à voir avec les sentiments dont parle le livre! A cette étape, j'étais sûre que ma tentative allait échouer. D'ailleurs, Bean continuait à vouloir ouvrir l'armoire.
"J'ai besoin de manger, Bean. Est-ce que tu serais d'accord de m'accompagner dans la cuisine?"
Et là, surprise. Bean a répondu favorablement à ma requête et nous avons pu descendre sans crise et sans résistance.
Était-ce la chance du débutant? A suivre..."

En relisant ce vieux texte, j'ai la désagréable impression d'en être encore là avec mes jumeaux, sept ans plus tard... Il existe  tellement de sujets sur lesquels nous nous disputons... Le plus difficile à gérer, ce sont les écrans. Chaque fois que nous leur proposons d'autres activités (lectures, sorties, jeux, activités sportives), Awa et Bean s'y opposent sous prétexte qu'ils désirent passer du temps devant la WII U par exemple. Quand nous leur demandons après un certain laps de temps d'éteindre les écrans (télé, ordi ou portable qu'ils nous ont empruntés), nous provoquons une double crise. Malheureusement, je n'arrive plus à recourir régulièrement à la technique de communication décrite ci-dessus, et agis souvent de manière brusque en confisquant l'appareil ou en coupant l'électricité par exemple... La réaction des jumeaux est sans surprise: j'ai droit à leur double crise que je ne supporte plus...

Comment arrivez-vous à gérer vos jumeaux? Est-ce que votre communication est non-violente et  harmonieuse ou avez-vous comme moi l'impression que vos jumeaux abusent de votre gentillesse et patience? Est-ce que vos jumeaux se sentent aussi puissants que les nôtres?